La méthode

3 axes méthodologiques

  • S’aider du corps pour gérer les émotions et les ruminations mentales
  • S’aider du groupe pour comprendre son propre fonctionnement
  • Comprendre les échecs pour apprendre à mieux choisir

Les thématiques travaillées

  • Gérer la colère
  • Apaiser la peur
  • Gérer le temps et l’ennui
  • S’exprimer autrement que par la violence
  • Mieux communiquer
  • Choisir et décider son avenir
  • Mes valeurs, mes talents, mon projet

En pratique

  • Le rythme : 2 séances hebdomadaires de 2h30. 
  • Effectif d’un groupe DStress : 8 à 10 participants volontaires
  • Un certificat de formation valorisant les acquis du détenu lui est remis en fin de parcours. Ce certificat est valorisé dans le dossier administratif du détenu, dossier permettant au juge d’évaluer ses chances d’insertion.

Au cours de la détention, des ateliers de soutien thématiques mensuels seront proposés pour maintenir les acquis : méditation, alimentation, santé, yoga, communication…

En fin de détention, le détenu qui le souhaitera sera mis en lien avec des associations de réinsertion partenaires pour éviter les «sorties sèches».

L'impact

Impacts sur la vie personnelle

  • meilleure connaissance de soi
  • aptitude à une meilleure gestion des émotions et du stress
  • améliorations de l’état moral et de la confiance en soi
  • prévention du suicide, préservation de l’état de santé
  • accroissement de la capacité à mieux choisir
  • mise en lien avec des associations d’insertion partenaires pour favoriser la projection du détenu vers l’avenir

Impacts sur la vie sociale

  • relations en cellule facilitées
  • relations avec les surveillants plus paisibles, meilleures conditions de travail des surveillants
  • moins de rapports d’incidents, moins de séjours au quartier disciplinaire
  • meilleure employabilité d’un détenu ayant réfléchi sur lui-même et sur les atouts dont il dispose pour construire sa vie

« Il est pour nous vital d'humaniser les parcours en détention »

Lieutenant Amélia Brochier

Responsable du Quartier Arrivants, Bâtiment D2, Fleury-Mérogis

« L’atelier DStress se déroule à un moment clef de l’incarcération, c’est une prise en charge inédite qui permet d’échanger sur des sujets incontournables : la violence, le stress, la frustration. Elle permet d’apaiser les tensions, de nouer des liens entre personnes détenues.

Parce que je soutiens ce projet, j’interviens dans l’une des séances pour un moment d’échange entre l’Administration et la population pénale. C’est le seul moment de libre échange collectif dont ils bénéficient avec un membre de l’encadrement à qui ils peuvent poser toutes leurs questions.

La participation à cette activité sera mise en avant auprès des juges d’instruction. Elle est un premier pas vers l’appréhension de la vie en détention et vers la réinsertion.

D-stress est une activité bénéfique que la Maison d’Arrêt soutient dans le cadre de la prévention des violences. Nous souhaitons pouvoir la pérenniser, la faire évoluer dans un intérêt commun et général. »

Œuvrer à une prison plus utile

Eric JULIEN

Eric Julien

Coach en gestion du stress

«

Si les outils du coaching permettent à des cadres ou des dirigeants de voir plus clair, de trouver de nouvelles ressources en eux-mêmes, ces outils peuvent être utiles en détention. 

La vie de tout être humain est un chemin de croissance dont nous avons une vision rarement claire. Certains choisissent parfois des voies destructrices quand ils n’ont pas ou plus conscience de leur dignité.

Aors, ce processus de croissance s’arrête et devient destructif pour nous tous. Mais rien ici n’est jamais irrémédiable. Quand un humain se connaît mieux, voit plus clair en lui, et retrouve confiance dans les valeurs les plus fortes de l’humanité, il reprend son chemin d’apprentissage.

Œuvrer pour que la prison devienne un temps utile, un temps de reconstruction de la personne n’est pas un luxe, c’est une économie sur des dépenses et des souffrances à venir. C’est une victoire pour la vie.»

F.A.Q.

«Est-ce possible de prévenir la radicalisation en prison?»

Nous n’intervenons qu’avec des détenus volontaires pour effectuer un travail sur eux-mêmes. Dans ce cas, il est possible d’aider les plus vulnérables à résister à une contagion à laquelle ils peuvent être confrontés du fait de détenus déjà fortement radicalisés.

Avec les détenus qui souhaitent rester dans une logique sectaire et violente, ce travail n’est pas possible.

«7 ateliers de coaching, est-ce suffisant ?»

Nous intervenons à différents stades de la détention (entrée, pendant la peine, préparation à la sortie) en ciblant avec les participants ce qui peut leur être le plus utile à ce moment-là.

Outre ce ciblage, les outils du coaching et de la psychologie cognitive permettent aujourd’hui de rapides transformations chez un être humain qui souhaite vivre un changement dans sa façon de vivre. 7 rencontres permettent un travail de coaching efficace.

«Quels résultats obtenez-vous ?»

Les participants sont les mieux placés pour évaluer ce que le coaching leur a apporté. Nous leur demandons de remplir un questionnaire d’évaluation au début et à la fin de chaque parcours de coaching. Nous les rencontrons ensuite dans les mois qui suivent pour évaluer la durabilité des changements.

Cette mesure d’impact est en cours, elle demande du recul. Elle nous permet déjà de savoir que notre accompagnement est reconnu comme utile pour 95 % d’entre eux.

«Proposez-vous du coaching aux surveillants?»

La prison est un écosystème fragile. L’aide que nous pouvons apporter ne peut durablement améliorer la qualité de vie au sein de cet écosystème que si ceux qui vivent et ceux qui y travaillent en bénéficient, chacun de façon adaptée à leurs besoins.

C’est bien notre objectif que de mettre en place un accompagnement pour les personnels afin de les aider à mieux vivre leur mission dans des conditions plus humanisantes.

«Que se passe-t-il quand le parcours est fini ?»

Pendant les parcours DStress, les participants découvrent différents outils qu’ils apprennent à utiliser : gestion des émotions, gestion des choix, gestion du temps… Entre chaque séance, ils sont invités à pratiquer et à évaluer leur progression.

A la fin de chaque parcours, les participants ont acquis une certaine autonomie qui leur permet de continuer à pratiquer ce qu’ils ont appris de façon autonome et, parfois, de transmettre eux-mêmes ces outils à d’autres détenus.

«Intervenez-vous ailleurs qu’à Fleury-Mérogis?»

Les circonstances ont fait que DStress a commencé son activité de soutien dans la plus grande prison d’Europe qu’est la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. C’est une chance pour nous : de part la complexité du site, due à sa taille, ce qui fonctionne à Fleury fonctionnera ailleurs.

Notre ambition est bien de diffuser les parcours DStress dans le plus grand nombre de prisons du territoire Français. Cet essaimage débute en 2019 par d’autres lieux de détention de la région Ile de France.

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